| |
... "D’une façon
générale, le cuivre a tendance à se volatiliser ;
dans ce cas , le rouge n’apparaît pas. Cette volatilisation
est liée au déplacement de l’émail sur la pièce,
c’est-à-dire à sa fluidité. Elle est réduite
par l’ajout d’alumine qui, en quelque sorte , calme la volatilisation.
Les zones blanches sur l’objet, et notamment le cordon qui souligne
le bord d’une pièce telle qu’un bol en porcelaine,
tiennent à une insuffisance de l’épaisseur de l’émail.
Le livre Chinese Glazes de Nigel Wood, examine justement la localisation
du cuivre dans l’épaisseur de l’émail où
il distingue trois couches : l’extérieure, l’intermédiaire
où se tient le cuivre, et celle en contact avec le tesson. Si l’émail
est trop mince, la couche intermédiaire n’existe pas, le
cuivre ne trouve pas sa place.
Sur les pièces de porcelaine tournées , Xavier Duroselle
pose les émaux, du rouge clair au presque noir, aussi uniformément
que possible ; cette régularité se détruit naturellement
et par là même, introduit dans le développement de
la couleur des nuances libres encore accusées par des arêtes,
des méplats et des courbes. Le jeu sur ces éléments
de décoration entretient le plaisir de Xavier Duroselle . Prudent,
il attire néanmoins l’attention sur une autre volatilité,
celle de l’expérience, jamais acquise avec les rouges de
cuivre. « Cet émail est très sensible et se singularise
par ses sautes d’humeur, précise t’il ; le simple souci
de le maintenir à son niveau exige une recherche continue. »
Pourtant, la fascination offerte par la magie d’une pièce
sombre qui flamboie à la lumière surpasse toutes les déconvenues
et rétribue généreusement, les épreuves imposées
au céramiste de l’émail. "
Françoise Espagnet
|
|
| |

LES GLACURES
ROUGE DE CUIVRE
Parfois appelées Sang de bœuf, Foie de mulet, ou Peau
de pêche selon les nuances de leur couleur ou de leur matière,
ces glaçures rouges ont d’abord été développées
en Chine, il y a 700 ans. Colorées par une infime quantité
de cuivre, cet émail fascinant et capricieux requiert pour
épanouir sa rare beauté une composition et une cuisson
particulièrement maîtrisées…
|
|
|